Témoignages
Alain, 31 ans
Alain vient à Astrée pour devenir accompagnant. Après un entretien avec le responsable du site de Paris, il repart ayant demandé un accompagnement pour lui-même. "Pouvoir parler librement m'apportait un soulagement immédiat. Je disais la peur de ma famille, l'inutilité totale de ma vie, mon manque de raisons de vivre. Je parlais, et ma souffrance intérieure était comme évacuée. Pour une soirée, ou un peu plus, j'étais soulagé. Parler avec Josiane a élargi mon champ de vision; j'ai vu des solutions, les problèmes sont devenus moins douloureux. Maintenant, j'ai des amis et de meilleures relations avec mes parents. Des perspectives de vie s'ouvrent devant moi, et d'abord mon prochain mariage."
Astrid, 45 ans
Astrid est une femme divorcée qui a élevé son fils seule, après séparation d'un mari violent. A sa sortie d'hôpital où une forte dépression l'a conduite, elle s'inquiète de ne pas pouvoir assumer à nouveau ses fonctions de cadre administratif. Séverine, assistante commerciale, souhaite aider quelqu'un de manière individualisée, en donnant de son temps après ses heures de travail. Avec elle Astrid va, dans la confiance, pouvoir exprimer sa souffrance: départ de sa ville natale où sont ses racines, départ de son fils, objet de tous ses soins, pôle de son existence transplantée... Avec le soutien attentif et discret de Séverine elle fera, à son rythme, le chemin qui lui permettra, après neuf mois, de demander la fin de l'accompagnement, se sentant maintenant assez forte pour continuer seule sa route.
Christiane, 40 ans
Une rupture sentimentale est le point de départ d'une remise en question de Christianne. Elle s'aperçoit qu'elle vit dans une "bulle". Tout tourne autour de son travail et elle n'a pas d'amis. Pour y voir clair, elle souhaite parler, mais aborde la relation d'aide avec beaucoup de prudence. Cependant, une relation de confiance s'installe progressivement, et Christiane réfléchit en présence de Véronique à de nouveaux comportements. Les rencontres, d'abord hebdomadaires, deviennent bimensuelles. Christiane fait maintenant partie d'un club sportif. Elle a deux amies dans son milieu professionnel. Huit mois après la première rencontre, elle décide de mettre un terme à l'accompagnement.
Frank, 28 ans
Franck est né au Cambodge et vit en France depuis l'âge de neuf ans. Dans son pays d'origine, il a assisté à des atrocités. Une partie de sa famille a été décimée. Lorsqu'il vient trouver Astrée, il est cadre au chômage. Jacqueline l'accompagnera pendant plusieurs mois, au bout desquels l'accompagnement prendra fin parce que, dit-il, "il n'a plus rien à dire. Grâce à l'écho que l'autre m'a renvoyé, je peux mieux savoir qui je suis. J'ai été accepté tel que je suis. Je ne suis pas le monstre que je croyais être. Je peux, par conséquent, m'accepter moi-même."
Claudie, 30 ans
Claudie touche le RMI depuis un an après avoir perdu son emploi de vendeuse. Déprimée, elle s'enferme de plus en plus dans une solitude qui ne lui permet plus de communiquer. Une assistante sociale de son quartier lui explique qu'Astrée peut l'aider. Mise en relation avec une accompagnante, elle sort peu à peu de son mutisme et retrouve la volonté de rechercher un emploi.
Gildas, 52 ans
Gildas, ancien cadre supérieur d'une multinationale, raconte: "Dès ma jeunesse, comme mes proches, j'ai vécu de façon déréglée et rongé par une culpabilité obsessionnelle qui envahissait toute ma vie. Adulte, j'ai accumulé les erreurs et je me suis peu à peu laissé enfermer dans des situations qui m'ont conduit à des échecs familiaux et professionnels. Pendant deux ans, avec l'accompagnant Astrée, j'ai démonté pièce par pièce une construction de vingt-cinq années et creusé jusqu'aux racines. Le fait d'avoir pu parler à quelqu'un de neutre, qui ne jugeait pas, m'a permis de voir clair. La prise de conscience s'est faite au fil du temps, parfois dans le métro ou en me rasant. Je n'aurais pas pu faire ce travail seul. La formulation de ce que je ressentais était indispensable pour me permettre de continuer. C'était une façon de tourner la page. En parler, c'était passer à une autre étape."
Maxime, 50 ans
Maxime était ingénieur dans une grande entreprise qui l'a licencié il y a huit ans. Sans emploi depuis, il prend contact avec Astrée après avoir tenté, sans succès, une psychothérapie. Pendant plus de deux années, il parle chaque semaine avec le même écoutant -en l'occurrence, une femme de son âge- et lui dévoile peu à peu sa vie intime: battu et abusé incestueusement dans son enfance, ses qualités jamais reconnues ni durant son adolescence ni plus tard, il se débat entre une carence identitaire due à son long chômage et une famille qui ne le soutient pas, et même le rabaisse en permanence; il se recroqueville de plus en plus sur lui-même. Au fil des entretiens, se sachant écouté, se sentant considéré et non pas jugé, il recouvre lentement son intégrité, l'estime de lui-même, l'envie et bientôt la force de prendre un nouveau départ. Au bout de vingt-sept mois, le jour où il retrouve enfin un emploi, il décide d'arrêter son accompagnement.
Francis, 48 ans
Francis était patron d'une petite entreprise; des retards de paiement et une délicate opération à la jambe le conduisent au dépôt de bilan. Sa femme et sa famille le quittent; il est couvert de dettes et doit tout vendre. Eprouvant un sentiment d'échec et de honte, il se coupe de ses rares amis. De chambre d'hôtel en camping, il est réduit à demander le RMI et l'aide médicale pour sa jambe mal remise. Paul le rencontre chaque semaine au carrefour Astrée où une fois, exceptionnellement, Francis a pu se doucher et se raser avant un rendez-vous pour une recherche d'emploi. Francis confiera plus tard qu'il a trouvé exactement ce qu'il cherchait: une écoute sans conseils ni morale, une relation où il pouvait parler de ses sentiments, de ses espoirs. Aujourd'hui, remis à flots, il dit: "Lorsque j'étais au fond du trou, l'attention qui m'a été portée m'a aidé; elle m'a revalorisé et m'a donné confiance pour repartir de zéro."
Julien, 35 ans
Julien, chômeur depuis neuf mois, reste cloîtré chez lui, "vidé de tout élan". Un jour, il voit à la télévision une émission présentant Astrée et décide de demander à être accompagné. Une relation s'engage, qui va durer deux ans: Julien apprend à s'ouvrir, à communiquer, à retrouver une certaine estime de soi, reprendre espoir. Il a trouvé un nouvel emploi, il a su recréer une certaine vie sociale autour de lui et, n'ayant plus ressenti le besoin d'un accompagnement, a fait savoir qu'il y mettait fin.
Bernard, 44 ans
Bernard a toujours vécu avec sa mère. A son décès, il est désemparé, en proie à l'angoisse. Il a le sentiment qu'il ne saura pas faire face seul. C'est ce qu'il exprime à Marie, 28 ans, ainsi que la détresse de son immense solitude, les tensions dans son travail et avec ses collègues. Au cours du temps -cet accompagnement durera cinq ans et demi- les demandes d'aide concrète cesseront progressivement. Bernard deviendra autonome dans la gestion de ses affaires courantes. Il rencontrera une jeune femme, avec laquelle il organisera sa vie. Marie se dit enrichie par ce long parcours, où elle ne s'est jamais sentie "démotivée" et dont elle garde un souvenir qu'elle qualifie d"unique".
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